DAPH NOBODY à la 13ème Foire du Livre du Breuil – 12 octobre 2012 – rencontre avec lycéens (APRÈS-MIDI)

•October 20, 2012 • 1 Comment

http://www.creusot-infos.com/article.php?sid=41856

LYCEE LEON BLUM : Deux classes du lycée Léon Blum à la rencontre de Daph Nobody
Le Mardi 16 octobre 2012 @ 02:58:42 Partager
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Dans le cadre de la foire du livre qui s’est tenue ce week-end au Breuil, les élèves des classes de Florence Perceval et Catherine Bollery, au lycée Léon Blum, ont rencontré Daph Nobody, écrivain belge pour un échange autour du roman fantastique.
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Les lycéens avaient en amont préparé des questions à l’auteur et c’est avec clarté et disponibilité que Daph leur a répondu, en allant réellement à  leur rencontre. Les jeunes ont découvert un auteur dont l’enfance, dans un foyer pauvre, a été bercée par les livres achetés pour presque rien chez les bouquinistes, et qui a commencé à écrire à 7 ans. Un écrivain plutôt pessimiste ayant une propension naturelle à se tourner vers ce qui ne va pas pour trouver des solutions et tenter de changer les choses .
Daph Nobody écrit des récits fictifs, dans un style qui dérange, un style dur, parfois glauque. Des histoires imaginaires pourtant inspirées de faits réels, souvent puisés dans une société  qu’il juge dure et sans pitié « On donne trop de pouvoir aux banques, les industriels dictent leur loi parce qu’ils payent… »
Discrimination, différence, autant de sujets qui ont interrogé les élèves. « On a peur de la différence parce que l’on a peur de devenir soit même différent et d’être regardé comme quelqu’un de bizarre » estime Daph Nobody
Autre sujet d’interrogation, le pseudo employé par l’écrivain « j’ai changé plusieurs fois de pseudonyme, une façon d’écrire autrement et de voir les choses sous un angle différent »
Daph Nobody a également souligné son intérêt pour les salons du livre indispensables pour évoluer, « sans public, un auteur n’est rien » et son attachement à ceux qui sont mis à l’écart  « ce sont souvent des êtres qui ont subi une brisure et c’est une grande richesse… »
A noter que vendredi, Marie Wabbes et Auriane Kidda sont intervenues auprès des élèves de l’école maternelle et de l’école élémentaire du Breuil.
MHM

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http://lepetitblumdelalitterature.wordpress.com/tag/daph-nobody/

Archive pour Daph Nobody

Rencontre avec Daph Nobody

Posté dans Actualités avec des tags le octobre 13, 2012 par lepetitblumdelalitterature

Les classes de  1 CAP coiffure et Terminale  Bac Pro Esthétique ont rencontré l’écrivain belge  Daph Nobody, auteur de Blood Bar et L’enfant nucléaire au lycée Léon Blum le vendredi 12 octobre 2012.

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DAPH NOBODY à la 13ème Foire du Livre du Breuil – 12 octobre 2012 – rencontre avec lycéens (MATIN)

•October 20, 2012 • Leave a Comment

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Rencontre littéraire :

Daph Nobody au lycée Léon-Blum

le 13/10/2012 à 05:00 par jean-baptiste Méline Vu 54 fois
Daph Nobody a rencontré une classe de seconde du lycée Léon-Blum, vendredi matin. Photo J. -B. M.

L’auteur belge, Daph Nobody, a rencontré, vendredi matin, des élèves de seconde du lycée Léon-Blum pour échanger autour du roman fantastique. Rappelons que le romancier est présent au 13 esalon du Livre du Breuil, qui se tient durant tout le week-end, salle Jean-Baptiste-Dumay.

Daph Nobody a commencé à écrire dès l’âge de 7 ans. Très vite attiré par les foyers de violence et de conflits engendrés par la société, l’auteur de L’enfant nucléaire et de Blood Bar raconte des histoires fictives, « inspirées de faits que j’ai vécus », précise-t-il.

Une écriture qui surprend

Parfois qualifiés de glauques et de morbides, ses récits font figure de « tableau » de la société d’aujourd’hui. « Ce que j’écris est très dur, mais la société est dure », explique l’auteur. « J’essaye de comprendre pourquoi le monde se clive en clans. Aujourd’hui, l’argent et le pouvoir ont supplanté les relations humaines. Cette vision négative de la société constitue l’essence même de mes romans. » Un regard particulier qui aura confronté l’auteur belge à la censure. « Mes livres ne vont pourtant pas contre la morale. »

Pendant près d’une heure, les 28 élèves de la professeur de français, Mme Merlin, ont pu échanger avec Daph Nobody. L’utilisation du pseudonyme chez l’écrivain a suscité de nombreuses interrogations. « Au cours de ma carrière, explique l’auteur, j’ai changé de nom plusieurs fois ; c’est une façon de modifier sa perception des choses. »

Les élèves ont également appris que Daph Nobody a réalisé un court-métrage en 2000 et qu’il travaille actuellement sur une adaptation de l’un de ses romans en bande dessinée.

Blog :http://daphnobody.centerblog.net

Retrouver Daph Nobody au Salon du Livre du Breuil aujourd’hui et demain, salle Jean-Baptiste Dumay. Entrée libre.

INTERVIEW-CHOC de Daph Nobody autour de L’ENFANT NUCLEAIRE (PICA MORFAL BOY), paru le 7 mars 2012 chez Sarbacane / Flammarion.

•September 8, 2012 • 2 Comments

ImageI : Daph nobody, bonjour.

 

Daph Nobody. : Bonjour.

 

I : On peut dire que sous vos airs gentillets, vous êtes un sacré provocateur. Vous êtes même un des auteurs les plus provocants de toute la littérature française aujourd’hui.

 

D.N. : Provocateur ou provocant ?

 

I : Ce n’est pas un peu la même chose ?

 

D.N. : Absolument pas. La différence, c’est que je ne cherche pas à choquer l’opinion publique, ce qui serait provocant, mais à provoquer des réactions auprès des lecteurs, ce qui est provoquer, donc. Je n’ai jamais été fana de l’idée de choquer pour choquer, pour faire sensation. Je n’en vois pas l’intérêt ni l’utilité. Bien sûr, très souvent par ce biais on fait beaucoup de bruit autour de soi, et c’est même parfois de cette manière qu’une carrière démarre sur les chapeaux de roue. Mais choquer c’est jouer un jeu, penser une stratégie, élaborer une idéologie propre à mettre tout le monde dans l’embarras, et donc construire quelque chose de faux, quelque chose que l’on n’est pas authentiquement. Dans mon cas, ce n’est pas ça. Je raconte une histoire qui, par certains aspects, très humains pourtant, peut ébranler le conformisme et déranger les gens qui ne regardent que ce qui ne risque pas de les remettre en question par rapport à leur bien-être et leur petit confort bourgeois.

 

I : Vous parlez tout de même de cannibalisme, de nécrophagie, de nécrophilie… Avouez que vous allez loin !

 

D.N. : Bien sûr, dit comme ça, ça donne l’impression que ce roman est immonde. Après tout, vous faites là allusion à une scène qui ne couvre que 2 pages sur près de 500. Pour commencer, je vais faire une petite parenthèse pour vous lire une citation d’Oscar Wilde que je reprends expressément en exergue au tout début du roman : Les livres que le monde appelle immoraux sont ceux qui lui montrent sa propre ignominie. Cela, je crois, se passe d’explications. Ensuite, je dirais ceci. Mon roman parle de la différence, et de l’impossibilité d’accéder à une existence normale, juste et équitable, dès lors que l’on souffre d’une anormalité. Ici, le protagoniste est en proie à un don. Je dis bien « est en proie à », car si au départ on pourrait se dire que par ce don il est supérieur à la race humaine, du simple fait qu’il fonctionne différemment qu’elle il est automatiquement rétrogradé au rang de phénomène de cirque. Dès lors, il est stigmatisé par la logique humaine et réduit à l’impuissance. Son existence en sera affectée sur tous les plans… Vous savez, j’ai beaucoup réfléchi à la manière dont j’allais défendre ce livre sous ses allures de roman trash. Prenez TITANIC de James Cameron, que tout le monde a vu, sauf moi. Pourquoi James Cameron n’a-t-il pas relaté une histoire d’amour sur le Titanic entre un trisomique et une tétraplégique ? Ce sont des êtres humains comme les autres, qui ont aussi des sentiments, qui sont tout à fait normaux de ce point de vue-là. Alors quoi, n’ont-ils pas droit à leur Titanic, eux ? Au nom de quelle sacro-sainte loi sont-ils contraints de s’identifier à des icônes au physique qui fait rêver tout le monde, et qui ne fait que les frustrer et les pousser à sentir encore davantage le poids de leur handicap, finalement ? Certaines personnes diront « c’est glauque de regarder s’embrasser deux handicapés ». Mais qu’est-ce qu’on regarde, dans ce cas ? Deux handicapés, ou deux personnes qui s’aiment ? C’est de ça dont parle mon roman. Nous sommes en présence d’un personnage qui, de par son don, est dans l’incapacité de faire l’amour. Une vie entière sans pouvoir jamais faire l’amour, c’est un très grand drame, peut-être un des plus grands drames qui soient. Alors, voilà que finit par lui traverser l’esprit l’idée de faire l’amour à une morte… Regardez un coucher de soleil. Ce n’est pas beau à voir, un coucher de soleil, alors qu’on est assis sur la plage ? Vu sous cet angle, c’est merveilleux, personne ne le contestera. En revanche, si vous vous décidez à aller regarder le soleil de plus près, ce n’est qu’une gigantesque boule de feu, ratissée de volcans et de tempêtes de feu, larguant dans l’espace, en direction de la Terre notamment, des nuages de radiations mortels à souhait qui provoqueront de plus en plus de cancers tandis que la couche d’ozone s’amenuisera et que l’écran magnétique protecteur enveloppant la Terre subira le changement de polarité annoncé depuis quelques années déjà ! Vu comme ça, c’est déjà beaucoup moins beau, et pourtant, on regarde toujours la même chose. Il y a le premier degré, et puis le sous-texte. Ici, le sous-texte, ce n’est pas la nécrophilie, mais un acte d’amour désespéré. S’il n’y a nécessairement qu’une seule vérité, on peut en revanche porter de multiples regards sur une même vérité.

 

I : Effectivement, ce personnage est très particulier. On s’identifie à lui, parce qu’il sonne très juste, parce qu’il tient des discours sensés, posés, très matures, même quand il n’est encore qu’un enfant. D’où vous est venu ce personnage, comment l’avez-vous élaboré ? Quel a été le point de départ du roman ?

 

D.N. : C’est un roman que j’avais débuté en 1997. Au départ, c’était une success story assez banale. Grâce à son don, Jiminy arrivait à Los Angeles et y devenait une star. Mais rien n’est plus ennuyeux à lire que le récit de quelqu’un qui réussit sur toute la ligne. Je ne savais pas du tout ce que j’allais faire pour résoudre ça, et j’ai abandonné le roman pendant 13 ans dans un tiroir. Et puis, depuis l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, je me suis fait agresser plusieurs fois par des policiers très fashos à la Gare du Nord à Paris. Le personnage de Hendrick-le-sale-flic est né, et a ressuscité le roman… Tout ce que j’ai écrit depuis le début raconte l’histoire de personnages qui se démarquent de la masse, en bien ou en mal, par un trait distinctif qu’on leur a imposé – ce n’est pas quelque chose qui vient d’eux, une décision ou un choix personnels –, et dont toute l’existence sera marquée par une quête d’adaptation impossible au milieu dans lequel ils se voient évoluer. Dans Blood Bar, mon précédent roman, on avait cette enfant que le gouvernement avait conçue pour ne pouvoir se nourrir que de sang. Dans un premier temps elle est inconsciente de sa nature, et donc ne contrôle pas ses pulsions nourricières. Dans un deuxième temps, on sent qu’elle commence à réaliser ce qu’elle est. Mais dans les deux cas, elle doit tout le temps s’adapter au monde qui l’entoure. Il n’est pas de monde conçu spécifiquement pour répondre à ses besoins. Elle se retrouve donc au sein d’une jungle humaine où elle doit survivre comme un animal dans la brousse. Ici, c’est un peu pareil. Jiminy est incapable de mener une vie normale, en raison de ce don qui lui est tombé dessus à la naissance, et qu’il n’a certainement pas demandé. Il cherche dès lors sa place au sein de l’humanité, parce qu’il n’y en a aucune qui était prévue pour une créature comme lui. Son meilleur ami, et son seul ami d’ailleurs, lui propose de le transformer en superstar… la seule façon qu’on a trouvée aujourd’hui pour célébrer la différence, pour autant que ce soit rentable. À partir de ce moment-là, il trouve effectivement une place dans la société. Il est adulé, payé, regardé avec fascination et non plus avec dénigrement. Mais est-ce que cette place de star correspondait à ce qu’il désirait vraiment de la vie ? Est-ce qu’il n’aurait pas préféré une vie plus ordinaire, en définitive ? Il le dit lui-même d’ailleurs, à un moment donné dans le roman : est-ce que quelqu’un s’est jamais préoccupé de savoir ce que je désirais vraiment ? Tout le monde cherche à tirer profit de lui, à l’utiliser, à l’exploiter, et finalement à le corrompre en le poussant à commettre des actes atroces. Je dirais presque qu’il était condamné d’avance à devoir commettre de tels actes. C’est un peu comme si Superman tombait aux mains de terroristes qui l’obligeaient à se faire exploser au milieu d’un marché, en prenant en otage pour le persuader de le faire… que sais-je, ses parents, et que personne ne réussit à venir à son secours à temps, et qu’il se fait donc sauter en causant la mort de nombreuses personnes. Jiminy est un héros anti-héros. Pas seulement un anti-héros, mais aussi un héros. Quelqu’un qui, comme on le voit à la fin du roman, a la capacité de sauver le monde (dans une certaine mesure), mais qu’on va conduire à commettre des actes irréversibles et innommables.

 

I : Au fond, en plus violent, c’est un peu Grégoire Samsa, dans La Métamorphose de Kafka, auquel vous faites d’ailleurs explicitement allusion.

 

D.N. : Certainement, oui. Je me suis d’ailleurs permis de reprendre le premier paragraphe de La Métamorphose. Je dirais même – et c’était d’ailleurs le premier sous-titre du roman –, que L’enfant Nucléaire/Pica Morfal Boy, c’est le procès de la métamorphose. On assiste à l’existence d’un être résolument différent par une caractéristique physique qui d’une part le hisse au-dessus des autres mais d’autre part le place en infériorité parce qu’en société c’est la norme qui prévaut, au mépris de toute une catégorie de personnes qui ne se retrouvent pas dans le Système. Ça va des artistes aux handicapés, en passant par les émigrés et les vagabonds. On a imposé au monde des normes de bienséance : ça c’est beau, et ça c’est laid, ça c’est bien, et ça c’est mal, ça c’est vrai, et ça c’est faux, ça c’est acceptable et ça ça ne l’est pas. Dès lors que vous ne correspondez pas à ces normes, vous êtes mis au ban de la société. Une fois écarté, soit vous devenez un marginal opportuniste, comme ces stars qui semblent vivre dans un autre monde, soit vous devenez un marginal abîmé et inadapté, et vous vous mettez alors à boire, à vous droguer, à tuer même. Ce livre, c’est la célébration de l’altérité, et la stigmatisation de ces procès que l’on fait constamment, encore aujourd’hui, malgré des siècles de civilisation, à la différence. Mon personnage peu à peu se métamorphose. Plus il change physiquement, plus son corps s’adapte à lui-même, finalement, mais moins lui-même peut s’adapter à la société dans laquelle il vit. En gros, s’il veut la paix, il ne lui reste qu’à émigrer sur Mars.

 

I : Le mot de la fin ?

 

D.N. : Déjà ? Je pourrais parler de ce livre pendant des heures. (rires) Eh bien, je dirais qu’à cette époque de conspirations politiques qui nous narguent et nous dupent (avec le 11 septembre 2001, par exemple, et tout ce qu’on nous cache de ses coulisses), de la montée de l’extrême droite (avec l’affaire Anders Behring Breivik en Norvège, et l’affaire Deryl Dedmon aux États-Unis, pour ne citer que ces deux histoires qui furent plus médiatisées que des dizaines d’autres du même acabit), et du problème du nucléaire qui se pose de plus en plus (Fukushima n’en est que la partie émergée de l’iceberg), je pense que ce roman-débat arrive à point nommé. Si un roman ou un auteur ne changeront jamais le monde, cela ne les empêchera jamais pour autant de le décrire.

 

I : Des projets littéraires pour 2013 ?

 

D.N. : Bien sûr. J’ai repris un roman que j’ai écrit il y a 14 ans et qui fait environ 1600 pages, que je vais réduire à 500-600 pages, et qui relate l’histoire d’un tueur en série dans une petite ville américaine, prétexte pour relater toute l’histoire de cette petite ville. Le roman suit de nombreux personnages qui s’entrecroisent au fil de l’intrigue. Ce sera un peu mon Twin Peaks à moi, si j’ose dire…

 

I : Merci, Daph Nobody.

 

D.N. : Merci à vous, ce fut un plaisir.

 

Propos recueillis le 2 mars 2012 à Bruxelles

CHRONIQUE NUMERO 38 : METRO (Bruxelles) ARTICLE quotidien METRO – 28 août 2012

•September 7, 2012 • Leave a Comment

http://www.metroclub.be/fr/metrotime/

Un estomac à toute épreuve
FANTASTIQUE
Jiminy Waterson a un estomac résistant. Très résistant. Particulièrement puissants, ses sucs gastriques sont capables de dissoudre tout et n’importe quoi, mais surtout ce qui n’est pas comestible! C’est ainsi que, bébé, il dévorait le papier peint des murs de sa chambre. Ensuite, il s’est mis à l’eau de Javel. Depuis, il a à peu près tout essayé: bois, métal, terre, essence, produits toxiques. Mais son don, ses parents le considèrent plutôt comme un poids… Alors à l’adolescence, notre antihéros met les voiles et s’installe dans une décharge publique où il se nourrit de déchets. Il fait ensuite la connaissance d’Alex, un solitaire comme lui qui, s’improvisant son agent, l’entraîne pour une tournée à travers les restoroutes américains. Jiminy devient «L’Homme au Ventre Magique»! Jusqu’au jour où il se met à intégrer des déchets nucléaires. Et qu’au côté fantastique du récit s’ajoute une dimension politique. Après deux recueils de nouvelles, la co-écriture de scénarios de films et un premier roman d’un genre vampirique revisité («Blood bar»), le Bruxellois Daph Nobody nous offre une fois encore un roman qui sort franchement de l’ordinaire et se laisse dévorer… à condition toutefois d’avoir l’estomac solidement accroché! Reste que si le personnage central partage son prénom avec Jiminy Cricket, le grillon de Pinocchio, on en vient quand même à se demander, à la lecture de certaines scènes, ce que fait ce livre au rayon jeunesse! (cd)
«L’enfant nucléaire», de Daph Nobody, éditions Sarbacane, 464 pages, 18 € nnnnn

L’ENFANT NUCLÉAIRE – CHRONIQUE n° 35 (AVRIL 2012) : MAGAZINE EPICURE

•May 25, 2012 • Leave a Comment

CHRONIQUE NUMERO 35 (AVRIL 2012) : MAGAZINE EPICURE

numéro 53 d’avril 2012

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INTERVIEW EXCLUSIVE autour de L’ENFANT NUCLÉAIRE chaque jour de cette semaine

•May 14, 2012 • Leave a Comment

INTERVIEW autour de DAPH NOBODY et de L’ENFANT NUCLÉAIRE toute cette semaine sur http://batifolire.canalblog.com/ – 1er épisode ce lundi 14 mai 2012.

EPISODE 1

LUNDI 14 mai 2012

On est pas là pour se faire baratiner #5

 

 Cette semaine, on embarque pour un spécial “on est pas là pour se faire baratiner” en compagnie de Daph Nobody – dont vous avez récemment entendu parler pour son roman L’enfant nucléaire – qui prend ses quartiers sur Batifolire pour nous parler de son rapport à l’écriture, son oeuvre et ses projets. Rendez-vous chaque jour pour retrouver les épisodes de cette interview fleuve !

 En guise de préambule, faisons connaissance …

à suivre sur http://batifolire.canalblog.com/

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Interview de DAPH NOBODY A PROPOS DE L’ENFANT NUCLEAIRE – FOIRE DU LIVRE DE BRUXELLES 2012

•May 7, 2012 • Leave a Comment

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Interview de DAPH NOBODY par DIRK VANOVERBEKE

à la FOIRE DU LIVRE DE BRUXELLES 2012

(5 mars 2012 de 11h30 à 12h30 sur le stand de l’ONA)

SANDRINE PIRONET (responsable ONA) : Aujourd’hui, nous avons le plaisir d’accueillir Daph Nobody, qui sort son deuxième roman, qui s’appelle L’ENFANT NUCLÉAIRE, aux éditions Sarbacane.

DIRK VANOVERBEKE (journaliste au journal LE SOIR) : Avant d’écouter un extrait de son ouvrage, j’aimerais en quelques mots le situer. Mr Nobody a écrit un roman qui parle d’un enfant nucléaire qui s’appelle Jiminy… rien à voir avec le Jiminy de Pinocchio, c’est Jiminy Waterson, qui a une faculté assez hors du commun, qui est celle de pouvoir ingérer les aliments les plus inimaginables. Ça va très très loin. Ce qui est intéressant, c’est qu’on s’attache très très vite à ce personnage qui se sent un peu isolé du monde et qui va découvrir au fil de son périple aux États-Unis – ça se passe pendant les années Bush – une série d’horreurs qui vont de la montée de l’extrême-droite jusqu’au problème de recyclage des déchets nucléaires. Je ne vais pas aller plus loin pour ne pas déflorer le roman qui se situe dans un univers au croisement de l’ambiance imaginaire de Stephen King et de Tim Burton…

Extrait du roman L’ENFANT NUCLÉAIRE, de « C’était ici que Jiminy se sentait le mieux… » à « des aboiements de ces sentinelles de fortune firent aussitôt acte de dissuasion ».

DIRK VANOVERBEKE : On va enchaîner sur cet extrait et parler de ce personnage étrange qui est affublé d’un estomac à toute épreuve. C’est un personnage auquel on s’attache pour toute une série de raisons. C’est un gamin qui a été délaissé… non seulement par ses parents mais par le monde, et qui va être confronté à la folie humaine.

DAPH NOBODY : Oui, effectivement. Jiminy est un personnage magique, un décalage né de quelque chose qu’on ne peut pas définir. Il est le fils d’une bibliothécaire et d’un ancien métallurgiste devenu représentant de commerce, des gens menant donc une vie ordinaire. Et de cette union émerge Jiminy, personnage hors du commun, qui semble être né pour répondre symboliquement et de manière contrastée à cette folie humaine qui s’est installée à l’époque de George Bush, et même bien avant d’ailleurs. J’ai décidé de situer l’histoire à l’époque de Bush parce que c’est vraiment à cette période de l’Histoire que l’on a le sentiment que la nouvelle ère que nous connaissons aujourd’hui a démarré. Avec cette guerre de l’Irak, ce regain de passion pour les forces armées… Dans ce contexte apparaît un personnage qui est d’abord rejeté pour ses particularités, parce que comme tout individu qui accuse des différences par rapport à ses semblables, fatalement au départ il est exclu. Le fait est qu’il possède un don, qui deviendra très vite un pouvoir. Un don qui est évidemment exploitable dans tous les sens du terme. Très tôt son père essaye de l’exploiter, des chercheurs, des médecins… Et puis, un jour, sur ce terrain vague qu’on évoque dans l’extrait, il fait la rencontre d’Alex, qui devient son meilleur ami, et qui décide d’amener Jiminy sur les routes et de faire de ce don – cette capacité qu’a son estomac d’assimiler toute substance –, un show. Un show à travers les États-Unis. Je trouvais intéressant, dans une époque de folie comme la nôtre, dans une époque où plus qu’à tout autre époque, on a ce penchant à explorer les extrêmes, on a ce besoin d’aller le plus loin possible à tous les niveaux, pour voir ce que ça va faire. Ce type de personnage cadrait bien dans un contexte tel que le nôtre où l’on veut systématiquement dépasser toutes les limites, au mépris du bon sens, au mépris de la décence, au mépris des libertés, du respect de l’individu. C’est dans ce contexte-là que Jiminy va lentement trouver sa place et va découvrir, en même temps que les gens qui l’entourent, qu’il est plus déterminant pour l’humanité que tout ce que l’humanité a pu générer jusque là à petite et grande échelle.

DIRK VANOVERBEKE : C’est un livre qui traverse des moments très très lourds. Les années Bush ont déclenché une ère de peur, la peur des deux blocs, la peur du terrorisme, la peur du nucléaire… Et c’est d’ailleurs ça qui a provoqué cette guerre en Irak, fondée encore sur un mensonge. Mais est-ce que ce livre est porteur d’espoir, quelque part ? Est-ce qu’à travers cette personnalité très attachante de Jiminy on peut encore espérer à la sortie du livre ?

DAPH NOBODY : Justement, c’est un texte qui a une fin moins désespérée que les autres textes que j’ai écrits. Ce personnage va passer par différentes phases au fil des gens qu’il croise, et bien sûr il va à certains moments être exploité de manière assez terrifiante. Comme toute espèce animale tombée aux mains des humains, il est soumis à des tests épouvantables ; on essaye de déterminer les limites et les spécificités de telle ou telle espèce, l’être humain a toujours fonctionné comme ça : pour connaître quelque chose, il a besoin d’aller jusqu’au limites les moins acceptables. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’à travers ces opportunités qu’aurait Jiminy de se transformer en arme lui-même – c’est un peu ce qu’on veut faire de lui, un instrument de guerre –, Jiminy parvient à conserver son humanité, à rester ce qu’il est au départ. Il demeure un enfant très solitaire, quelqu’un qui vit dans un rêve, qui vit l’existence comme un rêve, et qui a un grand attachement par rapport à l’univers. Et ce sont ces racines déracinées qui vont faire que le personnage ne va jamais succomber aux tentations les plus sordides. L’espoir c’est ça, finalement. Au sein d’une humanité très manipulatrice, au sein de complots politiques qui veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes, qui veulent le pousser à opérer certains choix qui en dissimulent d’autres, c’est l’individu face à lui-même qui peut sauver les situations, en restant proche de ses rêves initiaux, souvent des rêves d’enfant, qui sont très beaux, très purs. Si l’être humain parvient à conserver ses rêves d’enfant à travers tout, il peut devenir le salut de l’humanité. Donc, oui, la fin du roman – que je ne dévoilerai pas – est tout de même porteuse d’espoir.

DIRK VANOVERBEKE : Qu’est-ce qui t’a passionné… qu’est-ce qui fait que tu es rentré dans ce monde de l’imaginaire et du fantastique, que c’est devenu pour toi une source d’inspiration ? Pourquoi ce choix ?

DAPH NOBODY : Enfant, j’étais très solitaire. Ça doit être lié au fait que je ne me suis jamais vraiment senti en adéquation avec le monde qui m’entourait. Je me suis souvent attaché, musicalement, cinématographiquement, à des époques que je n’ai pas connues. Et donc très vite j’ai éprouvé le besoin de m’écarter du présent, de m’évader. Pour moi, l’écriture ça a toujours été de l’évasion. Même en tant que spectateur, j’ai toujours besoin qu’on me montre des mondes imaginaires, des mondes alternatifs, qui ne sont pourtant que des reflets métaphoriques de notre monde. Ce roman, L’ENFANT NUCLÉAIRE, est bien sûr totalement imaginaire, mais on peut aisément le transposer dans la réalité. Imaginons que quelqu’un a une capacité particulière, qui pourrait intéresser les Services Secrets, bien entendu ce quelqu’un va se retrouver utilisé comme un instrument. Pour moi, l’imaginaire reste de l’évasion, et c’est une façon un peu plus agréable et légère de parler de choses qui vues de manière plus réalistes, plus terre à terre, seraient vraiment très lourdes à porter. Parce que ce livre, malgré tout, parle de tout ce qu’il y a de pire sur notre Terre, mais comme en le lisant on est accompagné de Jiminy qui est magique en soi, on ne ressent pas cette lourdeur. On sent le poids du monde, tel qu’il est, mais en même temps ça reste magique. Et c’est ça la force de l’imaginaire : parler du pire, mais de manière à le rendre supportable.

DIRK VANOVERBEKE : Un imaginaire qui permet de dédramatiser…

DAPH NOBODY : C’est vraiment ça…

DIRK VANOVERBEKE : Ton roman, c’est aussi le rejet de l’autre, de Jiminy, de la part de gens qui veulent en faire une bête de cirque. Heureusement il rencontre Alex, qui lui permet de faire d’autres expériences. Mais au départ, Jiminy est véritablement quelqu’un qui est rejeté par les siens. Ce don va se révéler comme quelque chose d’assez terrible pour lui…

DAPH NOBODY : La différence est la meilleure façon de se faire exclure par les autres. Évidemment, ce don il ne l’a pas choisi… J’ai situé sa naissance, symboliquement, dans une petite ville de Pennsylvanie qui s’appelle Bethlehem. Et de fait, c’est aussi un personnage qui porte en lui le salut de l’humanité et qu’on a envie de crucifier encore une fois. Ce personnage sera toujours exclu, et n’arrivera à trouver sa place que par le biais de ses valeurs humaines. À un moment donné, on pousse les choses tellement loin, qu’on est contraint de revenir aux valeurs les plus élémentaires. J’aime les personnages exclus, rejetés. Ce sont les plus intéressants, car ils ouvrent des portes sur des aspects de l’existence qu’on néglige beaucoup dans notre quotidien très matérialiste… matérialisme contraint, d’ailleurs : nous devons tous tenir compte de réalités concrètes pour survivre.

UN SPECTATEUR : Vous dites qu’écrire est une évasion. Mais n’est-ce pas aussi un décodage de la réalité ? N’y a-t-il pas là une contradiction ?

DAPH NOBODY : C’est vrai, je fuis la réalité mais en même temps je la décris, car je m’intéresse à tout ce qui se passe. C’est plus le besoin de s’évader à travers un protagoniste qui n’est pas moi ni quelqu’un que je côtoie. Mais vous avez raison, je vois mal qu’on puisse écrire sans s’intéresser à ce qu’il se passe autour de soi. Oui, c’est clairement du décodage.

UNE SPECTATRICE : Pourriez-vous parler de vos autres œuvres ?

DIRK VANOVERBEKE : Daph, cette dame voudrait que tu parles de tes autres bouquins. Tu es auteur d’une vingtaine de nouvelles, de pièces de théâtre. Tu as déjà pas mal bourlingué, et tu en es à ton deuxième roman, toujours dans la même veine fantastique…

DAPH NOBODY : Alors donc… L’ENFANT NUCLÉAIRE est mon deuxième roman. Le premier a paru il y a trois ans. Il s’appelait BLOOD BAR. On l’a assez vite classé comme roman de vampires. Je ne l’ai pas écrit en tant que tel. L’histoire, en quelques mots : ça se passe dans notre société contemporaine, suite à une grande sécheresse qui a permis le développement d’un commerce alternatif, de sang. L’être humain s’est mis à consommer du sang exactement comme on consomme de l’alcool, avec tout ce qui s’y rattache. Je crois que le point commun entre ces deux livres, c’est que je suis parti d’un sujet totalement décalé, mais que j’ai recontextualisé dans une réalité qui nous est proche. Pour moi, ce qui est important en lisant un livre, et pas que les miens d’ailleurs, c’est de pouvoir avoir un aperçu du monde dans lequel s’inscrit un récit. En général, ce que j’aime dans un livre, ce n’est pas seulement qu’on me raconte une histoire, mais qu’on me relate aussi le contexte social, économique, politique… dans lequel cette histoire s’inscrit. En tant qu’écrivains, nous sommes tous un peu des sociologues, des ethnologues. On raconte ce qu’il se passe sur Terre. Et je crois que, et c’est le cas pour beaucoup d’auteurs classés dans les registres du thriller et de l’épouvante, le plus intéressant à décrire, que ce soit dans un livre ou dans un film, ce sont les choses les plus épouvantables. C’est très jouissif de traiter des choses que l’on déteste. Un jour peut-être j’écrirai un roman d’amour, mais pas tout de suite. Pour l’heure, j’ai encore certaines choses à dire sur la noirceur de notre monde. Peut-être que j’ai envie de la disséquer pour trouver des solutions… pour dire : voilà le monde qu’on a construit. Est-ce qu’on est content avec ça, ou est-ce qu’on n’a pas envie de chercher quelque chose d’autre ailleurs, quelque chose de plus serein ?…

UNE SPECTATRICE : Vous travaillez aussi au théâtre ?

DAPH NOBODY : On a monté il y a quelques mois une pièce de théâtre en anglais, qu’on a joué en anglais ici à Bruxelles. Ça s’appelait THE FATMAN’S FATE – A TALE OF OBSESSION, avec Frédéric Gibilaro et Marie Véja, avec le soutien de Jeremy Longheval. La pièce était adaptée d’une nouvelle parue dans LES TÉNÈBRES NUES, mon premier recueil de nouvelles, intitulée L’OEUVRE DU MAL-AIMÉ. Ça racontait un genre d’histoires que j’adore dans le polar, à savoir : une histoire de détective qui finit par enquêter sur lui-même. Je ne sais pas si certains d’entre vous ont vu ce film génial réalisé par Alan Parker : ANGEL HEART, avec Robert de Niro et Mickey Rourke. Ce film m’a vraiment marqué quand j’étais adolescent. En deux mots, c’est l’histoire d’un détective privé engagé par un type très mystérieux incarné par Robert de Niro, pour enquêter sur la disparition d’un musicien qui avait signé un contrat avec ce type mystérieux et qui ne l’a pas honoré. En fin de parcours, on se rend compte que Mickey Rourke enquête sur lui-même, qu’il a une tendance schizophrénique qui l’a fait devenir quelqu’un d’autre pour fuir ses engagements. Je me suis indirectement inspiré de ce film pour relater l’histoire d’un tueur en série sur lequel enquête un policier qui s’avère être lui-même l’auteur de ces actes effroyables… Je fais de la littérature parce que je ne suis pas encore parvenu à réunir les fonds nécessaires pour faire du cinéma. Conséquence de quoi, ce n’est pas un hasard si mes romans sont très visuels. Quand j’écris un roman, je vois des images, tout passe toujours par des images. Raconter une histoire c’est raconter des tableaux. Au-delà de la littérature, au-delà de la langue, c’est un jeu de métaphores, de transposition en images des sentiments humains et de tout ce qui s’y rapporte d’invisible et d’impalpable.

UN SPECTATEUR : L’écriture, est-ce quelque chose dont vous ne pouvez pas vous passer ?

DAPH NOBODY : Je me suis mis à écrire quand j’avais sept ans, en gros quand j’ai appris à maîtriser un tout petit peu la langue. Et depuis quelques années, pas un seul jour ne passe sans que j’écrive. J’en arrive à réaliser que peut-être le fait de vivre m’intéresse moins que le fait d’écrire. J’ai vécu davantage sur papier que dans ma propre vie, qui est une vie très ordinaire, et c’est très bien comme ça, plus ma vie est banale mieux c’est… Mais donc, pour répondre à votre question : oui, écrire est un besoin quotidien et viscéral.

DIRK VANOVERBEKE : L’ENFANT NUCLÉAIRE sort dans deux jours aux éditions Sarbacane. Merci à tous. Merci de votre attention.

FIN DE L’ENTRETIEN

Mes sincères remerciements à Dirk Vanoverbeke pour ce moment agréable passé ensemble autour de cette rencontre publique dans le noir. Amitiés. Daph