BLOOD BAR – critique de BRUNO PEETERS pour PHENIX MAGAZINE (juillet 2010)

Daph Nobody (c’est un pseudonyme, vous vous en seriez douté) est un de nos plus talentueux jeunes auteurs belges de littérature fantastique. Olivier Boelens a déjà publié plusieurs recueils de nouvelles, dont Les Ténèbres nues, dans un genre résolument horreur-gore. Un peu gothique aussi. Et avec un talent fou. Ce qui fait que ce premier roman était attendu avec curiosité et surtout grand intérêt.

Tout commence par un gigantesque carambolage sur l’autoroute : des collecteurs sont là pour récupérer le sang des victimes. Car, à cette époque qui suit « L’été de la grande soif », le sang est la denrée rare, l’eau ayant quasi disparu. Le monde s’est organisé autour de ce liquide, et les ’bars à sang’ font fureur. Bien sûr, rien n’ayant changé en notre bas monde, une maffia s’est érigée et domine le nouveau commerce. Nous suivons ainsi Bolderman, parrain de l’affaire, et son électron libre, Wayne, chargé de la collecte de sang. Une petite fille rescapée de l’holocauste autoroutière concentre leur intérêt. Pourquoi ? Elles est seule au monde à présent, et n’a qu’un petit violon avec elle. Elle sera prise en charge par Jooze, dont la vie a été brisée par le viol et l’assassinat de son épouse par quatre loubards. Tous ces éléments se conjugueront pour aboutir à une fresque road-movie entre ces personnages un peu fous poursuivant chacun un objectif jamais vraiment défini. Au beau milieu du roman, l’on apprend l’extraordinaire histoire cette petite fille, ses origines, et ses… particularités. Quelque fois, une intrigue imbriquée interrompt le récit, comme l’étrange histoire de Jinnie, une fille qui disparait tout le temps et finit par s’évanouir vraiment (p. 211 e.s.).

Daph Nobody esquisse bien ses personnages, tel, par exemple, le copain Leix, collectionneur ’hémologue’ et ami de Wayne, dont la mort sera à nouveau l’occasion d’un passage particulièrement gore. Bon, tout ne baignera pas toujours dans le sang, et, in fine, les arbres protègeront la petite fille au violon, mais dans leur intérêt. Voilà un livre fantastique aux échappées fantasy, Lavondyss pouvant se profiler… Et un premier roman remarquable. Je suis frappé par la justesse de l’écriture de Nobody, par la pertinence de ses dialogues, et de ses réflexions en cours de route (souvent en italiques), d’une rare vivacité immédiate. Cela témoigne d’un grand talent littéraire. Il devrait sans doute un peu se circonscrire car, il faut l’avouer, il y a quelques longueurs. Mais nous tenons là un de nos tous nos meilleurs écrivains belges fantastiques. Si son prochain roman fait 200 pages, ce sera un chef-d’oeuvre.

Bruno Peeters, juillet 2010

Daph NOBODY, Blood Bar, Editions Sarbacane, Paris 2009, ill. M. Ducastaing e.a., 514 p, 18,50 €.

http://www.phenixweb.net/NOBODY-Daph-Blood-Bar

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~ by daphnobody on July 23, 2010.

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